Appel à communication
Cataclysmes, eschatologie, apocalypse :
les sociétés médiévales face au « temps qui reste ».
Le 58e Congrès de la Société des Historiens Médiévistes de l'Enseignement Supérieur Public se tiendra à l'Université de Nantes, du 20 au 23 mai 2027, sur le thème : Cataclysmes, eschatologie, apocalypse : les sociétés médiévales face au « temps qui reste ».
Le passé au présent
Rien ne saurait mieux témoigner de la validité de ce postulat, « il n’y a d’histoire qu’au présent » – une dimension que Marc Bloch, inévitable référence, a manifestée, à la suite d’Henri Pirenne, par l’exemple [1] autant que par la théorisation [2] –, que la corrélation actuelle entre les secousses et tremblements subis par notre monde contemporain, l’effondrement écologique, les crises sanitaires, les violences des guerres, la survenue de famines à grande échelle et les renouvellements historiographiques que ces phénomènes suscitent. Se déploient depuis quelques décennies des travaux historiques examinant à nouveaux frais le rapport des sociétés humaines à leur environnement – entre interaction, domination et exploitation [3] –, la résilience des sociétés face aux crises en tout genre ou l’histoire des sociétés en guerre[4], mais aussi une publicisation large et parfois conjoncturelle des apports scientifiques récents, pouvant répondre à une demande sociale (et médiatique) ponctuelle, notamment en histoire des épidémies pendant et après la pandémie de Covid-19[5] – quelques années plus tard, la combinaison entre histoire environnementale, histoire épidémique et médicale et contribution des sciences du vivant à l’histoire a mis à nouveau la Peste noire sur le devant de la scène éditoriale[6]. Dans un tel contexte, l’époque médiévale est particulièrement mise en avant, en passant outre l’irrémédiable rupture entre notre manière de concevoir le temps et celle des médiévaux[7]. Nul étonnement, par conséquent, à ce que des médiévistes spécialistes de la question des fins dernières soient sollicités pour commenter les soubresauts de la politique mondiale à l’aune de l’emprise d’un discours eschatologique auprès de certains chefs d’État – nommément Donald Trump[8] –, mettant au jour le retour du théologique dans l’arène politique ou la résurgence d’une lecture littérale des Écritures, spécialement chez les chrétiens évangéliques américains, ce qui n’est pas sans conséquence sur la lecture de la Parousie.
Le futur présent et actualisé
Les futura et le temps qui reste tel que décrit dans les prophéties sont, a contrario, toujours lus au présent et font l’objet de processus d’actualisation, car les prophéties de fin du monde ne demeurent qu’au prix d’une constante relecture de l’actualité : guerres, famines, catastrophes, peste mais aussi miracles, apparitions, visions, nombres…, tout, ou presque, peut être interprété comme un signe de la volonté de Dieu et se prêter à l’actualisation de prophéties anciennes dont la réception varie de génération en génération[9]. Plus largement, c’est le propre du discours eschatologique de se réactualiser en permanence : « le langage apocalyptique permet de dire au présent ce qui est encore du futur pour transformer le présent en une espérance ardente des choses à venir »[10]. Ce mécanisme d’actualisation n’est pas une dérive ou une pathologie du discours religieux : il en constitue la structure même, dont l’histoire médiévale offre les expressions les plus riches et les plus documentées[11]. Joachim de Flore représente le modèle canonique de cette actualisation : la concordance des deux Testaments et leur mise en correspondance avec l’histoire en cours constitue une méthode d’interprétation déjà familière à Rupert de Deutz, et qu’ensuite Alexandre Minorite, Nicolas de Lyre, les franciscains spirituels et, plus tard, les protestants ont reprise et transformée. Jean de Roquetaillade en offre une illustration saisissante : prophète de cour à Avignon, il lit les événements contemporains (guerre de Cent Ans, schisme, politique napolitaine) à la lumière des prophéties, et sa réputation est renforcée à titre posthume lorsque le Grand Schisme semble confirmer ses prédictions.
Avenir incertain et pensée apocalyptique
C’est que, tout au long du Moyen Âge comme maintenant, les crises alimentent le discours eschatologique, présent comme une lame de fond et finalement indifférent à l’actualité, car il pose une question existentielle. Les catastrophes, les incertitudes, la prophétie d’un avenir sombre, toutes interrogent le rapport des sociétés au temps, à un présent inquiétant, parfois anxiogène, et surtout à un avenir incertain, au « temps qui reste ».
Les trois termes associés dans le titre de ce colloque ne sont pas synonymes et méritent d’être distingués. L’eschatologie désigne l’ensemble des croyances relatives aux derniers temps : elle n’est pas synonyme de catastrophisme, car, comme André Vauchez l’a rappelé, « la fin des temps, même si elle doit s’accompagner de catastrophes, […] signifie surtout la disparition des conditions présentes, difficiles et conflictuelles »[12], et non l’anéantissement de toute espérance. La pensée apocalyptique est le mode textuel et visuel par lequel ce temps de la fin est mis en forme et rendu intelligible – l’apocalypse, au sens de révélation, étant un genre littéraire qui ne porte pas nécessairement sur ce sujet. Les cataclysmes, enfin, qu’ils soient naturels ou humains, constituent les événements déclencheurs qui peuvent activer la lecture eschatologique du présent. C’est précisément l’articulation de ces trois registres – l’événement, le cadre d’interprétation et le mode de révélation – que ce colloque se propose d’explorer.
Que le monde, notre monde, ait une fin est une vision largement partagée de nos jours – d’autant qu’elle est aussi devenue une certitude scientifique. La fin du monde n’est par conséquent pas un sujet, mais la fin des temps, elle, peut en être un : imprévisible (quand ?), elle ressortit au temps de la fin, partiellement décrit dans les livres de révélation de ce qu’on a l’habitude de nommer les trois monothéismes, qui fournissent jusqu’à nos jours un catalogue d’événements à scruter pour décrypter les signes annonciateurs du terme. Dans l’Ancien Testament, le Livre de Daniel est le plus explicite sur le sujet, qui associe prophétie, interprétation des songes, succession des empires, résurrection, jugement et Empire du Très Haut. Dans le christianisme, l’Apocalypse détermine la lecture théologique du temps de la fin, sachant que la fin des temps fait l’objet de discours du Christ[13] et qu’elle est jugée proche par l’apôtre Paul[14] – comme par Jésus du reste[15]. La marque fondamentale de ce texte fondateur se lit dans des redéploiements littéraires, parfois liés à des soubresauts de l’histoire[16]. En Islam, la fin des temps apparaît dans certaines sourates du Coran et dans les hadiths au point que certains chercheurs ont interprété l’islam des premiers temps comme un message fondamentalement eschatologique. Elle donne naissance au cours des siècles à un messianisme largement partagé à travers un mahdisme récurrent, dont le shiisme propose des formes particulières[17]. Le messianisme juif médiéval se développe sous la forme spécifique de la kabbale réactualisée en péninsule Ibérique avec la publication du Zohar par Moïse de León dans les années 1280 ou à travers les développements messianiques de l’exégèse biblique traditionnelle influencée par le contexte historique et les violences contemporaines. Mais la théologie des fins dernières n’est pas un monopole des trois monothéismes, tant la certitude de l’achèvement est partagée, activant la volonté de connaître les signes avant-coureurs autant que les critères de salut. Le sujet est donc universel.
L’époque médiévale ayant été la matrice, du reste souvent revendiquée, du catalogue des références actuelles dans les domaines du déclin ou de la fin (des Empires comme du Temple), des catastrophes (la Grande Peste en particulier, mais aussi la peste de Justinien, les invasions, la guerre ou la famine), du millénarisme, du messianisme, de l’eschatologie et de l’apocalypse, l’interroger sous l’angle de la réaction des sociétés à l’idée de la finitude du monde, de leur monde et de leurs membres paraît donc, à l’heure actuelle, particulièrement opportun – ne serait-ce que pour délivrer le Moyen Âge du poids des stéréotypes qui l’encombrent.
Thèmes proposés
La thématique est vaste et s’adresse à tous les espaces du monde médiéval, dans l’intégralité de sa chronologie, pour tous les registres de l’activité humaine au regard de chacun des champs de la médiévistique : histoire, littérature, histoire du droit, archéologie, histoire de l’art, sans oublier la sociologie, la philosophie ou l’anthropologie, car toutes trouvent, tel l’ogre de la légende, leur festin dans ce thème, pourvu qu’elles parlent du temps de l’avenir vu au présent, de la manière d’habiter un monde fini et de penser le présent dans une perspective finale inéluctable autant qu’inconnue, celle de l’anéantissement.
On se propose toutefois de borner l’interrogation en proposant plusieurs lectures qui peuvent se combiner entre elles et qui impliquent les différents niveaux d’interprétation mis en jeu, combinés ou concurrentiels (théologique, scientifique, politique, économique) :
- la lecture socio-économique, tout d’abord, celle qui observe les groupes sociaux, à toute échelle d’analyse (communauté villageoise ou urbaine, région, royaume…) face aux chocs : leurs perceptions différenciées du temps et des catastrophes, naturelles ou humaines ; leur analyse de leurs effets écologiques, économiques, démographiques ; leur(s) réaction(s) et leur(s) réponse(s) à la déstabilisation induite de leur environnement ; leurs stratégies de survie. À cette approche s’articule la lecture millénariste et insurrectionnelle, qui examine le lien entre attente eschatologique et violence collective organisée. Des flagellants de 1260 à la guerre des Paysans de 1525 en passant par les Taborites hussites, les mouvements qui associent imminence de la fin des temps, pauvreté volontaire et remise en cause radicale de l’ordre social posent avec une acuité particulière la question des usages de l’eschatologie comme ressource des dominés et comme moteur de la violence transformatrice.
- au sein de cette lecture socio-économique, une lecture plus particulièrement sanitaire, au regard du traumatisme irrégulier mais récurrent que créent les épidémies et endémies, lesquelles interrogent à la fois les sociétés dans leurs fondements structurels (solidarité entre les pairs, réseaux de soutien et outils à la disposition des communautés pour faire face au choc de la mortalité et de l’intensité de l’épidémie), mais aussi dans leurs rapports à l’autre. En effet, dans un contexte où les mécanismes de contagion restent mal compris (miasmes et aérisme), l’individu n’est plus seulement le membre d’un groupe mais une potentielle menace à travers le « souffle des yeux », mystérieux mécanisme de propagation de la maladie)[18]. Cette logique ne se limite pas aux crises aiguës comme la peste : des maladies plus lentes et aux conséquences irréversibles, comme la lèpre, suscitant des dispositifs d’exclusion durable (separatio leprosorum).
- la lecture théologico-politique, ensuite, les textes de la tradition apocalyptique étant, pour l’essentiel, des textes de crise politique conjoncturelle enracinant la projection vers un avenir meilleur dans le récit des successions d’empire jusqu’à la fin des temps : c’est tout le ressort de la translatio imperii et, plus largement, de l’histoire de la vie et de la mort des empires ; et cette association entre Empire et Parousie constitue un des grands attraits de la dimension impériale pour les « royautés impériales », associant l’impérialité au messianisme et à l’eschatologie, voire donnant aux empires un « droit sur le temps »[19]. La trame de ces discours est déclinable à l’infini et sert aussi bien à légitimer, par exemple, le pouvoir des Almohades, qu’à cimenter des groupes minoritaires non-musulmans[20].
- au sein de la lecture théologico-politique se développe le discours textuel et visuel de l’ecclésiologie. En effet, la question de la fin du temps terrestre travaille en profondeur la production visuelle du Moyen Âge dans les mondes chrétiens, tant en Orient qu’en Occident. Loin d’être de simples illustrations de textes, les images développent un discours autonome, commandité par des acteurs précis qui exhibent ainsi leur maîtrise symbolique du temps qui reste. Dans le domaine chrétien, la mise en image de l’Apocalypse de Jean à partir de l’époque carolingienne (Commentaire de Beatus de Liébana[21] pour les manuscrits, mais aussi cycles monumentaux, peints et sculptés, tapisserie d’Angers…) aborde l’eschatologie par le biais d’une réflexion sur le temps de l’Église et sur les combats qu’elle doit livrer avant le retour du Christ, notamment à travers la mise en image de la Jérusalem céleste, de la Parousie et du Jugement, dans une vision de l’avenir qui favorise le contrôle du présent puisque félicité des élus et peines infernales sont autant d’instruments d’une discipline morale pour les chrétiens d’ici-bas[22]. L’approche visuelle intéresse particulièrement la question des transferts et contacts en Orient. À Byzance, les auteurs continuent à produire un discours apocalyptique jusque tard dans la période médio-byzantine et le Jugement dernier y demeure un thème majeur de l’iconographie médiévale et post-byzantine (ex. Yılanlı Kilise en Cappadoce), mais ce n’est qu’à l’époque des croisades (et sous l’influence des Occidentaux ?) que le Jugement dernier redevient un sujet pour les chrétiens en terre d’Islam, qui est plus volontiers traité dans l’art (fresques des églises avec l’exemple notable de la fresque de Mar Musha al-Habashi en Syrie) que dans la littérature. Chez les chrétiens en terre d’Islam, ce n’est qu’à l’époque des croisades (et sous l’influence des Occidentaux ?) que le Jugement dernier devient un thème récurrent, comme en témoignent les fresques de Mar Musha al-Habashi en Syrie. Ce sujet est aussi adressé dans l’art islamique, surtout à la fin du Moyen Âge[23].
- la lecture politico-culturelle, c’est-à-dire le fait d’utiliser une terminologie eschatologique pour désigner altérité radicale et menaçante : en particulier en contexte chrétien l’Antéchrist – qu’il vaudrait mieux appeler Antichrist. D’autres thèmes et modalités peuvent être explorées, comme les figures de Gog et Magog ou le Dajjal[24], l’empereur persécuteur, l’hérétique réel et plus encore supposé, des Cathares aux Templiers, l’Ottoman conquérant du xve siècle[25], Frédéric II pour le pape, le pape pour Martin Luther (et vice-versa). La radicalité de ce mode de désignation a pu entraîner la radicalité dans la réponse à la menace (croisade et, à partir du xiiie siècle, Inquisition) et dans la restauration d’un ordre antérieur idéalisé – voir le contexte de la « réformation » promue par Louis IX en 1254.
- la lecture savante, celle des astrologues et des astronomes, qui interroge une sorte de rationalité de la prévision des temps de la fin sur la base de l’observation de signes et d’un cadre d’interprétation qui postule sa scientificité, tout en mêlant des éléments hérités de cultures extérieures et antérieures[26] (comme le lien, par exemple, entre les épidémies et les astres, qui sont censés annoncer les changements brutaux affectant les sociétés humaines) ou en établissant des liens avec des événements contemporains[27].
- la lecture personnelle et intime, liant anéantissement du monde et anéantissement de soi, dans l’esprit de Marguerite Porète et de son Miroir des âmes simples et anéanties, qui ouvre à plusieurs dimensions de la mystique et, en particulier, aux prophétesses des temps de guerre de la fin du Moyen Âge dont le discours résonne comme une lecture féminine de la fin. On est ici en prise avec une lecture religieuse qui fait pendant à l’échelle de l’individu à celle que l’on peut observer collectivement dans des liturgies consistant en des prières, des processions ou des commémorations, par exemple, à Byzance, aux dates anniversaires des séismes majeurs[28].
- la lecture historiographique et par-delà épistémologique, qu’on ne saurait évidemment négliger, sachant combien les supposées « terreurs de l’an Mil » ont configuré la médiévistique et combien, plus récemment, d’autres événements cataclysmiques, de la croisade – surtout avec la première et certaines résurgences « populaires » – aux plus graves épidémies, se sont prêtés à la discussion et au débat sur l’horizon « réel » des attentes millénaristes. À cette lecture s’adjoignent l’analyse des résurgences apocalyptiques du Moyen Âge dans la culture actuelle et la lecture médiévaliste de ces phénomènes.
Toutes ces lectures convergent vers une question centrale : comment les sociétés médiévales ont-elles habité un monde qu’elles savaient ou craignaient fini ? Comment ont-elles transformé l’angoisse de la fin en ressource intellectuelle, politique, spirituelle et artistique pour penser le présent et agir sur lui ? Et que nous apprend ce « temps qui reste », selon la formule d’Agamben, sur nos propres façons d’affronter les crises contemporaines ? Ce colloque entend rassembler des propositions issues de tous les champs de la médiévistique, portant sur l’ensemble des espaces du monde médiéval, chrétiens, byzantins, musulmans et juifs, et sur l’intégralité de la chronologie médiévale.
Références citées
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[1] Marc Bloch, « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre », Revue de synthèse historique (Paris) 33, nos 97‑99 (1921): 13‑35 ; Marc Bloch, L’étrange défaite : témoignage écrit en 1940 (Éd. Franc-Tireur, 1946).
[2] Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien, Cahiers des Annales 3 (A. Colin, 1949).
[3] Pour l’époque médiévale, le renouvellement historiographique des dernières années est particulièrement riche et ses questionnements, fortement articulés aux enjeux contemporains. Les congrès de la SHMESP ont leur part dans l’appréhension de ce thème. On se bornera ici à renvoyer à : Jean-Pierre Devroey, La nature et le roi : environnement, pouvoir et société à l’âge de Charlemagne, 740-820, L’évolution de l’humanité (Albin Michel, 2019) ; Pascale Bermon, éd., La nature au Moyen âge, Publications de l’Institut d’études médiévales de l’Institut catholique de Paris (J. Vrin, 2024) ; Cédric Quertier et Olivia Adankpo-Labadie, éd., Environnement et sociétés au Moyen Âge. LIVe congrès de la SHMESP (Poitiers, 11-14 mai 2023), Histoire ancienne et médiévale 196 (Éditions de la Sorbonne, 2024). Soulignons cependant, que, précisément, la dimension du « temps qui reste » n’y est pas la plus traitée (voir Thomas Labbé, Les catastrophes naturelles au Moyen Âge : XIIe-XVe siècle, CNRS Éditions, 2017., qui limite même étroitement la portée eschatologique de ces événements).
[4] Voir les quatre tomes deHervé Drévillon et al., éd., Mondes en guerre (Passés composés / Ministère des armées, 2019-2021).
[5] Mentionnons notamment le numéro spécial du magazine L’Histoire : La peste. Itinéraire d’une tueuse (n° 510, juillet-août 2023). Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, des publications plus généralistes se sont lancées dans des rétrospectives historiques sur les grandes épidémies (Les Échos à l’été 2021, par exemple), secondées par des dispositifs de diffusion des connaissances historiques auprès du grand public, menés par des historiens eux-mêmes (Virginie Adane et al., « Le CRHIA lance une série de vidéos sur les épidémies dans l’Histoire », UFR Histoire, Histoire de l’art et Archéologie, 30 mars 2020, https://histoire.univ-nantes.fr/accueil/le-crhia-lance-une-serie-de-videos-sur-les-epidemies-dans-lhistoire.). On ne s’étonnera pas forcément des prises de paroles, souvent à contre-sens des politiques et des discours adoptés lors de la pandémie, de Giorgio Agamben, notamment tout au long de l’année 2020, sur Giorgio Agamben, « Una voce di giorgio agamben », Quodlibet, consulté le 27 mars 2026, https://www.quodlibet.it/una-voce-giorgio-agamben., lequel avait largement étudié la dimension messianique et eschatologique du christianisme, de saint Paul au pape Grégoire XVI : Giorgio Agamben, Il tempo che resta: un commento alla Lettera ai Romani (B. Boringhieri, 2000) ; trad. par Judith Revel, Le temps qui reste : un commentaire de l’Épître aux Romains, Bibliothèque Rivages (Payot et Rivages, 2000) ; Giorgio Agamben, Il mistero del male: Benedetto XVI e la fine dei tempi (Laterza, 2013) ; trad. par Joël Gayraud, Le mystère du mal: Benoît XVI et la fin des temps (Bayard, 2017).
[6] Patrick Boucheron, Peste noire, L’univers historique (Editions du Seuil, 2026).
[7] François Hartog, Régimes d’historicité : présentisme et expériences du temps, La librairie du XXIe siècle (Éd. du Seuil, 2003) ; Jean-Claude Schmitt, Retour vers le futur : l’apocalypse au Moyen Âge, in Retour vers le futur : l’apocalypse au Moyen Âge, Conférences (Société d’ethnologie, 2024), https://doi.org/10.4000/15c9t.
[8] Voir en particulier les interventions de Joël Schnapp, d’abord auprès du Média puis au journal Le Monde en janvier 2025, au sein d’une enquête sur les arrière-plans théologiques des discours de Donald Trump, et, dans ce même quotidien, dans une tribune le 8 juin 2025, cf. Joël Schnapp, « Trump, Élu de Dieu : vers le Millenium, l’Âge d’or, l’Apocalypse ? », Le Média, 13 janvier 2025, https://www.lemediatv.fr/articles/2025/trump-elu-de-dieu-vers-le-millenium-lage-dor-lapocalypse-_-NM6V-lSKu-UIe0PM45Yg; Virginie Larousse, « Donald Trump, l’Apocalypse et le roi David : une lecture théologique du président américain », Débats, Le Monde, 28 janvier 2025, https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/01/24/donald-trump-l-apocalypse-et-le-roi-david-une-lecture-theologique-du-president-americain_6513189_3232.html; Joël Schnapp, « La rhétorique messianique de Donald Trump risque de se retourner contre lui si l’âge d’or tarde trop à advenir », Débats, Le Monde, 11 juin 2025, https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2025/06/08/la-rhetorique-messianique-de-donald-trump-risque-de-se-retourner-contre-lui-si-l-age-d-or-tarde-trop-a-advenir_6611151_6038514.html.
[9] Robert E. Lerner, The powers of prophecy: the Cedar of Lebanon vision from the Mongol onslaught to the dawn of the Enlightenment (University of California Press, 1983) ; Gian Luca Potestà, « Potenza simbolica del pipistrello nel profetismo medievale », in Verba et mores: studi per Carla Casagrande, éd. par Chiara Crisciani et Gabriella Zuccolin, Flumen sapientiae 18 (Aracne, 2022).
[10] A. Vauchez à propos de Régis Burnet et Pierre-Édouard Detal, Armageddon : une histoire de la fin du monde (PUF, 2024).
[11] Ibid.
[12] André Vauchez, « Introduction », in Prophètes et prophétisme, éd. par André Vauchez (Éd. du Seuil, 2012).
[13] Mt 24 : tout le chapitre contient le discours eschatologique du Christ qui combine l’annonce de la ruine de Jérusalem et celle de la fin du monde. Et précisément Mt 24, 36 : « Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul ».
[14] 1 Corinthiens 7, 29-31.
[15] Mt 24, 35.
[16] Voir, en dernier lieu, la synthèse de cette riche tradition de recherches récemment proposée par Jean-Claude Schmitt, « Les usages politiques de l’Apocalypse (VIIIe-XVIe siècle) », in Retours à l’Apocalypse : héritage et hypertextualité dans les Mondes romans du Moyen Âge à nos jours, éd. par Pénélope Cartelet et Michele Carini, Littératures (Presses universitaires du Septentrion, 2025).
[17] Fred M. Donner, « La question du messianisme dans l’islam primitif », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, Mahdisme et millénarisme en Islam, vol. 91‑94 (2000): 17‑28, https://doi.org/10.4000/remmm.246.
[18] Boucheron, Peste noire.
[19] Annick Peters-Custot et Fulvio Delle Donne, éd., L’eschatologie impériale du souverain / L’escatologia imperiale del sovrano, Imperialiter 4 (BUP Basilicata University Press, 2023), : https://web.unibas.it/bup/Libri/Imperialiter_Eschatologie.pdf.
[20] Mercedes García-Arenal, « Messianisme juif aux temps des mahdī-s », in Judíos y musulmanes en al-Andalus y el Magreb : Contactos intelectuales. Judíos en tierras de Islam I, éd. par Maribel Fierro, Collection de la Casa de Velázquez (Casa de Velázquez, 2002), https://doi.org/10.4000/books.cvz.2736.
[21] Charlotte Denoël, éd., Le Beatus de Saint-Sever, 2 vol. (Citadelles & Mazenod / BnF éditions, 2022).
[22] Jérôme Baschet, Les justices de l’au-delà : les représentations de l’enfer en France et en Italie (XIIe-XVe siècle), Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome 279 (École française de Rome, 1993).
[23] Christiane Gruber, « Signs of the hour: Eschatological Imagery in Islamic Book Arts », Ars Orientalis 44 (2014): 40‑60.
[24] Cornell H. Fleischer, « A Mediterranean Apocalypse: Prophecies of Empire in the Fifteenth and Sixteenth Centuries », Journal of the Economic and Social History of the Orient 61, nos 1‑2 (2018): 18‑90, https://doi.org/10.1163/15685209-12341443; Georges Tamer et al., Gog and Magog: contributions toward a world history of an apocalyptic motif, 2 vol., Judaism, Christianity and Islam 17 (De Gruyter, 2023).
[25] Joël Schnapp, Prophéties de fin du monde et peur des Turcs au XVe siècle : Ottomans, Antichrist, Apocalypse, 1 vol., Histoire culturelle 4 (Classiques Garnier, 2017).
[26] Une rationalité prédictive qui doit, pour exister, combiner orthodoxie religieuse et astrologie : voir, pour le monde byzantin, Paul Magdalino, L’orthodoxie des astrologues : la science entre le dogme et la divination à Byzance (VIIe-XIVe siècle), Réalités byzantines 12 (Lethielleux, 2006) ; Paul Magdalino et Andréi Timotin, éd., Savoirs prédictifs et techniques divinatoires de l’antiquité tardive à Byzance (La Pomme d’or, 2019).
[27] Jean de Roquetaillade, Liber ostensor quod adesse festinant tempora, éd. par Clémence Thévenaz Modestin et al. (École française de Rome, 2005).
[28] Mark Roosien, Ritual and Earthquakes in Constantinople: Liturgy, Ecology, and Empire (Cambridge University Press, 2024).